Scandale chez McDonald’s

Scandale chez McDonald’s

McDonald’s est mis en demeure de se conformer dans les 3 mois à la loi sur le devoir de vigilance par 3 syndicats, qui lui reprochent des atteintes aux droits humains et à l’environnement. Si la société ne respecte pas cette mise en demeure, elle pourra se voir sanctionnée par le juge, sous forme de pénalités financières (forfaitaires), pouvant aller jusqu’à une suspension temporaire de l’activité de l’entreprise.

Pour rappel : le devoir de vigilance est une obligation pour les entreprises installées en France ayant un certain nombre de salariés, d’établir un plan pour contrôler que des violations des droits humains ou des désastres environnementaux ne soient perpétrés dans les filiales et chez les fournisseurs. Les entreprises ne sont plus seulement responsables de leurs faits, mais aussi de ceux des entreprises dont elles ont le contrôle de fait. Cela fait résonance en une période de mondialisation où des désastres tant humains que environnementaux sont perpétrés loin du siège des entreprises.

Au Brésil, un récent rapport de l’ONG Reporter Brasil met en cause certaines pratiques sociales et environnementales de certains fournisseurs brésiliens concernant le café, le jus d’orange ou le soja de Mcdonald’s France.

 

Le café :

En principe, McDonald’s France s’engage à s’approvisionner en café auprès de sous-traitants ayant obtenu une certification de bonnes pratiques. 

Pourtant, l’enseigne se voit reprocher des entorses perpétrées par son principal fournisseur. L’une des plantations a en effet perdu le label Rainforest Alliance depuis juillet 2020, après avoir utilisé des pesticides dans des conditions à haut risque, sur des zones interdites à l’épandage. Le non-respect de la certification concernait l’utilisation de « substances répertoriées comme présentant des risques pour le milieu aquatique et la faune » dans des zones interdites et l’utilisation de « pesticides dans des cultures proches de zones d’activité humaine » sans barrières végétales de protection.

La compagnie Segafredo, fournisseur du café pour McDonald’s, se défend de n’avoir jamais vendu à McDonald’s les grains issus de ladite plantation. Cependant, l’ONG affirme qu’aucun tri n’est fait entre les grains pour la torréfaction, et qu’alors, la société ne peut pas affirmer qu’aucun grain n’est issu de la plantation défaillante.

Le soja :

Selon McDonald’s, l’intégralité du soja utilisé par l’enseigne pour l’alimentation des poulets destinés aux restaurants provient de chaînes d’approvisionnement non impliquées dans la déforestation. La principale mesure adoptée à cette fin est l’acquisition de “crédits développement durable” pour le soja. De la même manière que les crédits carbone, McDonald’s achète alors des crédits pour “compenser” la déforestation massive, conséquence directe de la culture du soja nécessaire pour nourrir les poulets de son fournisseur principal SLC Agricola. Un fournisseur, qui outre les nombreuses amendes auxquelles il a été condamné, est selon l’organisation Chain Reaction Research, responsable de la perte d’une couverture forestière de 210 km² en 5 ans. 

Selon des témoignages recueillis localement par Repórter Brasil, la déforestation réalisée au sein d’une des fermes de SLC Agricola pour McDonald’s a affecté les populations proches de la propriété. Avec l’élimination de la couverture végétale, des torrents de boue générés par les pluies ont dévalé et contaminé la rivière qui constitue la principale source d’eau potable des résidents locaux.

La viande :

Les abattoirs fournisseurs de la chaîne de restauration rapide ont des antécédents de déforestation illégale, et malgré leur travail pour la réduire, l’ONG constate un continuum en la matière, mais seulement, mieux maquillé. Pour ce faire, Repórter Brasil a ainsi révélé que les sites de JBS à Juína et Juara, dans la région amazonienne du Mato Grosso, ont acheté en 2018-2019 du bétail à un éleveur qui exploite des zones interdites de déforestation par l’organisme fédéral en charge de contrôler le respect des lois et de la réglementation environnementale.

 Avant d’être abattus, les animaux ont été vendus par une ferme qui disposait d’un « casier vierge », auprès de laquelle avaient été envoyés des milliers d’animaux en provenance de la ferme située dans une zone déforestée illégalement. Il ne s’agit pas d’un cas isolé. Des mécanismes similaires de transfert d’animaux ont été utilisés par deux autres éleveurs qui ont envoyé du bétail à JBS entre 2017 et 2020. Certaines fermes ont ainsi déjà été condamnées pour de telles pratiques, mais continuent d’être présentes dans la chaîne d’approvisionnement.

Le rapport va même plus loin et dénonce des cas de travail forcé et esclavage moderne au sein de certaines fermes.

Trois syndicats, dont deux brésiliens, demandent au patron de la filiale française de McDonald’s France de publier dans les 3 mois un plan de vigilance conforme aux exigences légales. En effet, McDonald’s France n’a toujours pas publié un tel plan alors que la loi l’impose depuis maintenant 5 ans.

Contactée par l’ONG, McDonald’s n’a fait aucun commentaire sur les cas précis répertoriés. Cependant un communiqué a été délivré énonçant que : 

“McDonald’s s’attend à un strict respect [du] code de conduite [interne] des fournisseurs et prend très au sérieux les allégations de violations des droits de l’Homme […] et s’engage à éliminer la déforestation de la chaîne d’approvisionnement mondiale d’ici 2030”.

 

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