La biorésistance aux pesticides par PachaGaïa

La biorésistance aux pesticides par PachaGaïa

Qu’est ce que la biorésistance ?

La résistance aux pesticides d’un individu est possible s’il a hérité d’un trait génétique qui lui donne la faculté de survivre à un épandage de pesticides à des doses létales pour les autres congénères de la même espèce. 

Les espèces dites “nuisibles” développent une résistance aux pesticides par la sélection naturelle : les spécimens les plus résistants survivent et transmettent leurs gènes de résistance à leur descendance. Cette résistance peut être naturelle ou acquise :

Elle est naturelle si le phénomène est observé dès la première application d’un pesticide. Elle est dite « acquise » si le phénomène ne s’observe qu’après plusieurs applications d’un pesticide, par suite de la sélection, sur plusieurs générations, d’individus naturellement résistants.

La résistance aux pesticides est en augmentation, aux États-Unis, dans les années 1940, les agriculteurs perdaient 7 % de leurs cultures à cause des ravageurs.  Pendant les années 1980 et 1990, la perte s’élevait à 13 %, alors que le volume de pesticides utilisés avait augmenté. Plus de 500 espèces de bioagresseurs ont développé une résistance à un pesticide. D’autres sources estiment ce chiffre à environ 1000 espèces depuis 1945.

Quelles sont les solutions ?

L’Insecticide Resistance Action Committee (IRAC), est une organisation internationale fondée en 1984, qui regroupe plus de 150 membres appartenant au secteur de l’industrie des pesticides. Sa mission est de développer des stratégies de gestion des résistances pour maintenir l’efficacité des insecticides dans le sens d’une agriculture “durable” et d’une “amélioration de la santé publique”. 

Les membres du groupe international de l’IRAC, au nombre de quinze, sont les suivants : BASF, Bayer CropScience, Belchim Crop Protection, Cheminova, Chemtura, Dow AgroSciences, DuPont, FMC Corporation, Makhteshim Agan, Monsanto, Nihon Nohyaku, Nufarm, Sumitomo Chemical, Syngenta et Vestergaard Frandsen.

Ainsi l’IRAC lutte contre ces processus d’adaptation naturelle via une classification des substances actives en 28 groupes en fonction de leur mode d’action. 

L’intérêt de ce classement est de faciliter l’alternance des produits utilisés pour les traitements en évitant d’employer sur la même parcelle des substances appartenant à la même famille chimique, pour limiter le risque d’apparition de résistances chez les insectes ciblés.

Pourtant, le schéma de gauche montre l’augmentation de la résistance aux pesticides de certaines “mauvaises herbes” au cours du temps. On constate également que l’utilisation des pesticides ne fait qu’augmenter à travers le monde, sur le schéma de droite. Ainsi, plus on utilise de pesticides et plus des espèces vont résister naturellement et s’adapter à l’exposition de plus en plus fréquente des pesticides.

Les vraies solutions

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En réalité, de nombreux travaux de recherche montrent que la vie trouvera toujours un chemin, ce qui pose la question de la durabilité de ce système agrochimique, même en multipliant les substances.

Ainsi, la résistance peut être gérée en réduisant l’utilisation des pesticides et en installant près des cultures des zones refuges où les ravageurs sensibles peuvent survivre ainsi que leur prédateurs naturels.

Dans un article de 2018, Gould et al se posent la question : Pouvons-nous résoudre le dilemme sociobiologique de la résistance aux pesticides ?

La résistance aux insecticides et aux herbicides a coûté des milliards de dollars américains dans le secteur agricole et pourrait entraîner la perte de millions de vies à cause des maladies d’insectes. Nous continuons le plus souvent à utiliser les pesticides comme si la résistance était un problème temporaire qui sera résolu par la commercialisation de nouveaux pesticides avec de nouveaux modes d’action.

Cependant, les données actuelles suggèrent que l’évolution des insectes et des mauvaises herbes pourrait dépasser notre capacité à combattre la résistance.

Pour éviter ce résultat, nous devons nous pencher sur l’ensemble des facteurs : facteurs écologiques, génétiques, économiques et sociopolitiques qui empêchent la mise en œuvre de pratiques durables de lutte contre les ravageurs”.

Extrait d’une interview sur le sujet dans le Midwest Américain :

La foi des agriculteurs dans la technologie :

“Je pense qu’il y aura toujours un produit chimique pour tuer certaines choses”.

 Intervieweur : ” Vous pensez que l’industrie peut développer de nouveaux produits chimiques si nous en arrivons là ? “

Agriculteur : “Oh oui, Je suis sûr qu’ils le peuvent. Certains des anciens produits chimiques ne sont plus utilisables parce que les mauvaises herbes les tolèrent. Si vous avez un certain produit chimique qui ne tue plus une mauvaise herbe, vous passez à un autre produit, et si celui-ci ne la tue plus, vous revenez à un autre produit chimique. Il y a toujours un cercle et si vous attendez assez longtemps, il recommencera.”

Conclusion :

La domination actuelle du désherbage par herbicides ou de la lutte contre les ravageurs par insecticides dans les cultures ne devrait pas s’estomper de sitôt. Les mentalités évoluent trop lentement et encore trop peu d’alternatives sont mises en place pour lutter contre l’épandage incessant de nos cultures. 


La principale alternative au désherbage herbicide est la gestion intégrée des terres, mais l’adoption de cette méthode se heurte à d’importants obstacles. Comme les effets d’auto-renforcement qui contribuent à l’enfermement dans un système de désherbage centré sur les herbicides ou encore les incompatibilités des pratiques de la gestion intégrée des ressources en eau avec la taille actuelle des exploitations et des machines agricoles. Il faut donc réduire drastiquement sa consommation de pesticides et revenir à des pratiques sensées car les organismes nuisibles pour les cultures existent depuis longtemps et existeront toujours malgré une guerre chimique sans précédent.

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